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Enquête

Les salariés de la banque ont le moral en berne

Longtemps préservés, les salariés de la banque se sentent malmenés et s’inquiètent pour leur emploi.  

par Séverine Charon 07/06/2017 Liaisons Sociales Magazine

Les salariés de la banque ont le moral en berne

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Les résultats de la troisième édition de l’enquête nationale commandée par le Syndicat nationale de la banque CFE-CGC ont été présentés mardi 6 juin au CESE. Ils font état d’une dégradation parfois très sensible des indicateurs sur les risques psychosociaux, le stress et la souffrance au travail dans le secteur.

Certains indicateurs rappellent la situation de 2011, lorsque le monde bancaire subissait les suites de la crise des subprimes. D’autres résultats de cette enquête, pilotée par Xénophon Vaxevanoglou, en charge du Master Ergonomie Santé et Développement à l’Université de Lille 2, attestent d’un retour en arrière pour les salariés par rapport à la situation qui prévalait en 2014.

Digitalisation et manque de temps

Seuls 31% des 6 736 salariés interrogés estiment disposer du temps nécessaire pour faire correctement leur travail, contre 36,4% en 2014 et 32,8% en 2011. Les effets de la réglementation croissante et de la vague de digitalisation se font sentir : 60 % des salariés affirment que leur rythme de travail est imposé par des contraintes techniques (54,4% en 2014 et 57,5% en 2011).

La situation apparaît particulièrement dégradée dans les agences bancaires puisque 78% des commerciaux en agence estiment ne pas avoir le temps nécessaire à accomplir leur travail.

« Dans une relation de services, la pression temporelle a un effet sur la relation au client, pourtant considérée comme la priorité numéro un du commercial » souligne Xénophon Vaxevanoglou. On oblige le commercial à aller trop vite. Sa relation avec le client en pâtit, ce qui lui pose problème.

Le manque de temps entraîne aussi des difficultés à concilier le travail et les obligations familiales. Cet inconvénient est cité par 49% des salariés en général (40% de ceux qui travaillent en back office mais 55% du personnel en agence).

« Cette situation va se dégrader avec la création d’agences à temps partiel. Les collaborateurs vont devoir se déplacer entre plusieurs agences en fonction des horaires d’ouverture » estime Xénophon Vaxevanoglou.

Tension avec la clientèle

En matière de relations avec la clientèle, le personnel des agences est, là aussi, en première ligne. 78% des salariés qui y travaillent sont confrontés à des tensions, contre 60% dans les back office et 50% chez les encadrants. Sans compter les situations difficiles à gérer psychologiquement, comme les clients en situation de détresse.

71% des salariés interrogés indiquent devoir cacher leurs émotions. « On est dans une situation logique d’un point de vue commercial mais pas d’un point de vue psychologique », s’alarme Xénophon Vaxevanoglou.

Sur le plan des rapports sociaux, les conclusions de l’étude sont franchement effrayantes, notamment au regard du harcèlement. 20% des salariés déclarent que « quelqu’un se comporte systématiquement de façon méprisante avec eux » (+1,7 point par rapport à 2014) et à peine moins (19%) disent que « la qualité de leur travail est systématiquement niée ». Un constat qui a empiré en trois ans, au point de revenir à des niveaux comparables à ce qui était observé en 2011.

Contexte défavorable

La situation est encore plus dégradée dans la banque d’affaires que dans les autres secteurs, puisque 29% des salariés, évoquent le mépris. Comme un rempart contre ces attaques, La coopération et le soutien social entre individus permet de faire tenir l’édifice. 72% des salariés savent qu’ils peuvent compter sur leurs collègues dans les situations difficiles, une proportion stable sur trois ans, en progression sur six ans. Le soutien de la hiérarchie est moins systématique. 48% des salariés y font référence, contre 49,9% trois ans plus tôt.

Tous ces éléments souvent anxiogènes, ajoutés aux menaces que fait peser la digitalisation sur l’emploi dans la banque, engendre une situation d’insécurité. Seuls 28% des salariés du secteur bancaire estiment qu’ils seront capables de faire le même métier jusqu’à la retraite (contre 31,9% en 2013, et 36% pour les salariés au niveau national).

Dans ce secteur jusqu’ici protégé, un tiers d’entre eux (37%) ont peur pour leur emploi, contre 28,9% en 2013 et 23,1% en 2011. « Le contexte général est défavorable au travail et à la santé des salariés, quel que soit le réseau bancaire », constate Xénophon Vaxevanoglou.

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