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Dur d'être recruteur

À peine la moitié des recruteurs se voient exercer encore ce métier dans cinq ans. Une étude du cabinet FoxRH révèle les difficultés que rencontrent ces professionnels.

par Emmanuel Franck 08/06/2017 Entreprise & Carrières

Dur d'être recruteur
© Denis Pessin

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Difficile métier que celui de recruteur : mal payé, peu reconnu par la direction, stressant mais satisfaisant. FoxRH, cabinet de recrutement spécialisé dans les métiers RH, a publié, la semaine dernière, une étude réalisée auprès de 623 professionnels du recrutement*, dont 65 % en entreprise, afin de connaître leur perception de leur métier et leurs relations avec les candidats. « Un point important lorsqu’on sait à quel point l’image de la profession peut être écornée », explique Aziz Boustil, cofondateur et associé de FoxRH.

Le métier se caractérise par trois tâches principales, dont tous les recruteurs s’accordent à dire qu’elles en constituent le cœur : le brief avec le client ou le manager (cité comme important par 37 % des personnes interrogées) ; l’entretien avec le candidat (28 %) et le sourcing (23 %). « Le brief est l’étape la plus importante car elle permet de construire le processus de recrutement et, si l’on dispose de tous les éléments, de trouver le bon candidat », précise Aziz Boustil.

Contrôle de référence D’autres tâches apparaissent moins fondamentales. Ainsi, le contrôle de référence après un entretien n’est pratiqué que par 27 % des recruteurs. « C’est une obligation juridique mais le recruteur ne peut appeler l’employeur d’un candidat sans l’accord de ce dernier », explique le cofondateur de FoxRH. Dans leur grande majorité (81 %), les recruteurs déclarent qu’ils font un retour quasi-systématique aux candidats.

Mais « ce n’est pas la perception de ces derniers, admet Aziz Boustil. Peut-être les recruteurs et les candidats n’ont-ils pas la même définition de ce qu’est un retour ». Le sondage ne permet pas de trancher. Mais les recruteurs interrogés reconnaissent manquer de temps pour prévenir tous les candidats.Car le métier de recruteur se caractérise aussi par des conditions de travail difficiles. Ainsi, 65 % des personnes interrogées déclarent ressentir du stress dans leur mission ou du fait des objectifs à atteindre. Ceux-ci sont facilement quantifiables : nombre de candidats à rencontrer, nombre d’appels téléphoniques à passer, de courriels à envoyer…

Or, « c’est un métier où l’on en demande beaucoup », décrit le dirigeant de FoxRH. Des tâches précises à réaliser en quantité prédéfinie sur un matériau humain, les conditions sont réunies pour créer à la fois du stress et de la lassitude. Ainsi 53 % des recruteurs trouvent leurs missions « redondantes » ; c’est encore plus vrai (57 %) chez les juniors (18-25 ans).

Des conditions de travail difficiles Il faut donc être motivé pour exercer ce métier. Or la source de motivation n’est pas le salaire : 60 % des recruteurs déclarent qu’ils n’en sont pas satisfaits. Comme la plupart des salariés français… Sauf que plus de la moitié des recruteurs gagnent moins de 35 000 euros par an (voir graphe). « Les jeunes débutent à 25 000 euros alors qu’ils ont un master, décrit Aziz Boustil. Il faut compter 10 à 15 ans d’ancienneté pour avoir une rémunération intéressante ». Il est vrai que les recruteurs qui travaillent en cabinet peuvent bénéficier d’un salaire variable indexé sur le chiffre d’affaires qu’ils génèrent.

La reconnaissance de la direction n’est pas non plus une source de motivation pour les recruteurs : un peu plus de la moitié (51 %) estiment que la direction ne les reconnaît pas à leur juste valeur. Mais là encore, une distinction apparaît entre ceux qui travaillent en cabinet, dont 60 % s’estiment reconnus, et ceux qui travaillent en entreprise (43 %). « Le recruteur est par définition au cœur d’un cabinet de recrutement, explique l’associé de FoxRH. Les directions d’entreprise, en revanche, sont loin des réalités des métiers du recrutement ».

Où les recruteurs trouvent-ils leur motivation ? La quasi-totalité (93 %) des professionnels évoluant en entreprise estime que leur fonction est stratégique. « En répondant ainsi, ils expriment évidemment une fierté, mais pas seulement : ils savent aussi ce que coûte un mauvais recrutement et l’apport d’un bon salarié ». Une autre source de motivation se trouve chez leurs clients : 64 % déclarent que ces derniers les reconnaissent à leur juste valeur. « Les clients savent qu’ils demandent beaucoup aux recruteurs et quand ils reçoivent un bon profil, ils savent ce qu’ils leur doivent ». Leurs motivations sont aussi peut-être à chercher dans ce qui a motivé leur choix pour ce métier au départ : sa dimension humaine (l’empathie, les entretiens avec les candidats), citée par 76 % des recruteurs, et le challenge (52 %).

Au final, les recruteurs réalisent le paradoxe d’être majoritairement (74 %) satisfaits de leur métier tout en étant peu nombreux (51 %) à s’y voir encore dans 5 ans. D’où des profils jeunes (53 % ont moins de 35 ans) et une ancienneté faible dans le métier (52 % ont moins de 5 ans d’ancienneté). « Pour le moment, recruteur est un métier dans lequel on reste deux ou trois ans, mais à l’avenir, je pense que cela deviendra un métier d’experts pratiqué par un plus petit nombre de personnes », déclare Aziz Boustil.

 
Fiche d’identité du recruteur

• 65 % sont des femmes.

• 51 % sont localisés en Ile-de-France.

• 40 % ont entre 26 et 35 ans.

• 39 % ont 2 ans à 5 ans d’ancienneté dans le métier.

• 65 % travaillent en entreprise, 35 % en cabinet.

• 69 % ont appris leur métier en poste, 31 % ont suivi une formation spécifique.


*Étude réalisée entre le 3 et le 28 avril 2017 via Internet.


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