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La révolution digitale va transformer nos métiers

A l’occasion de la « french touch conference » de Paris, des experts ont expliqué comment la digitalisation de notre économie va révolutionner nos conditions de travail. Tous les emplois ou presque seront concernés.    

par Gwenolé Guiomard 16/06/2017 Liaisons Sociales Magazine

La révolution digitale va transformer nos métiers
© Adobe Stock

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Bienvenue dans la nouvelle économie. Celle de la digitalisation, de l’arrivée de la robotique, de la transformation des tâches de travail et de l’utilisation des machines pour réaliser des actions répétitives.

A l’occasion de la French touch conference du 14 juin 2017, l’Association pour le commerce et les services en ligne (Acsel) – qui se définit aujourd’hui comme l’association de l’économie numérique - organisait une matinée d’information intitulée « Le travail face aux chocs du digital ».

Une dénomination anxiogène que les intervenants ont essayé de ramener à de plus justes proportions.

Pour Glenda Quintini, économiste principale à la direction de l’emploi et des affaires sociales (skills and employability division) de l’OCDE, seul environ un emploi sur dix seraient menacés de disparition par la digitalisation de nos sociétés.

« On est loin des 47 % envisagés par les premières études britanniques sur la digitalisation aux USA. Mais de nombreux métiers seront concernés par l’automatisation de nos économies », précise la spécialiste.

Polarisation du marché du travail

Cette digitalisation généralisée va entrainer trois changements majeurs pour le marché du travail. Tout d’abord, il va se « polariser ». La croissance des emplois va se réaliser au niveau des personnels peu qualifiés et à celui des diplômés très qualifiés.

Entre ces deux extrémités, le ventre mou des salariés devraient souffrir de l’apparition des robots qui réaliseront les tâches routinières. « Ce pourrait être le cas des comptables ou des ouvriers d’usine, commente Glenda Quintini. Tous les travaux répétitifs seront concernés y compris des compétences de haut niveau remplaçables par de l’intelligence artificielle. On en retrouve dans le management ou dans les call centers ».

Par contre, des métiers à bas niveau de qualification comme celui de balayeur ou d’aide aux personnes sont, a priori, moins menacés, car peu remplaçables par des robots. Pour le ménage, les machines ont, par exemple, une difficulté extrême à faire la différence entre la terre des plantes, à conserver, et celle sur le parquet qu’il faut nettoyer…

Un socle de compétences généralistes

Second changement induit par la digitalisation, la multiplication des emplois qu’un salarié classique devra exercer pendant sa vie. Les compétences nécessaires pour maintenir son employabilité vont augmenter. Car la digitalisation de notre économie détruira moins d’emploi qu’elle n’en transformera.

Des savoir-faire deviendront obsolètes et seront remplacées par d’autres. De là découlera la nécessité pour les futurs salariés d’acquérir un socle de compétences généralistes leur permettant d’apprendre à apprendre.

L’OCDE a listé ces « skills » indispensables. Il s’agit de facultés à résoudre des problèmes complexes (création intelligente) ou à interagir avec les autres (compétences sociales et multiculturelles). Il faudra aussi cesser de raisonner en terme de métier et préférer les raisonnements en terme de compétences.

Troisième conséquence majeure, l’obligation de développer la formation à tous les niveaux. « Ces changements doivent s’accompagner par de la formation continue et initiale. Il faut révolutionner notre système de formation pour que des salariés de 45 ans et plus ne soient pas victime du monde d’avant, où on les licencie. Ni du monde d’après, pour lequel ils n’ont pas les compétences voulues », prévient Cyril Zimmermann, président d’Acsel et Pdg de Adux, une agence de publicité digitale.

Des cartographies de compétences

En France, nous ne partons pas de zéro. Pôle emploi a développé une méthode de recrutement basée sur les compétences plutôt que sur le curriculum vitae. De même, le compte personnel de formation (CPF) est une initiative allant dans le bon sens.

En effet, cet outil permet de gérer soi-même l’acquisition de nouvelles compétences et correspond au nouveau monde professionnel. Les entreprises et les formateurs vont devoir créer des cartographies de compétences pour permettre aux plus nombreux de passer d’un métier à un autre via des passerelles de compétences et des cursus ad hoc.

Enfin, cette digitalisation en marche va transformer notre organisation du travail. « Le marché du travail est en passe de connaître un changement fondamental du fait de la révolution digitale. Dans ce nouvel environnement, le marché du travail a besoin de compétences aujourd’hui inconnues.

Tous les pays vont alors devoir rentrer en concurrence pour définir et enseigner ce type de connaissances indispensables », commente le futuriste et professeur David Passig, enseignant associé à l’université israélienne de Bar-Ilan.

Changement de mode de management

D’ici 2050, nous allons donc voir se multiplier les besoins en nouvelles compétences induites par le développement du télétravail, l’éparpillement géographique, la baisse du management de visu et l’augmentation du management liée aux résultats. D’autres types de manageurs seront nécessaires. Ils seront moins garde-chiourmes et plus coachs, plus capables de travailler en équipe, plus prévoyants.

Parallèlement, les salariés vont devoir développer leur autonomie, et leur flexibilité. On devrait alors être confronté à la superposition des méthodes de management pyramidales - le chef décide et la base obéit - et des stratégies modernes ancrées sur la réussite d’une mission. Pour Cyril Zimmermann, tout l’enjeu de demain est que ces deux mondes puissent travailler ensemble. En attendant la disparition complète du management autoritaire.

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