« Les recruteurs ont très peu de tolérance face aux fautes d’orthographe »

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Enseignant chercheur en sciences de gestion à l’université de Toulon, Christelle Martin-Lacroux a consacré sa thèse, soutenue en octobre 2015, à l’incidence de l’orthographe sur la recherche d’emploi. Un sujet majeur.

Les Français sont-ils trop attachés à l’orthographe ?

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En France, l’orthographe est primordiale. Elle a un statut particulier. On la voit comme une compétence relationnelle plus importante qu’ailleurs dans le monde. Les fautes sont associées à un manque de rigueur, plus que dans les pays anglo-saxons. De plus, la place de l’orthographe est survalorisée en France.

90 % des mails professionnels contiennent au moins une faute. Une compétence à valoriser auprès des recruteurs ?

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Les recruteurs ont très peu de tolérance face aux fautes d’orthographe dans les dossiers de candidature. Notamment à cause des coûts cachés que cela génère. Mais surtout pour l’image que cela renvoie du candidat. Lors de mes entretiens, les recruteurs utilisaient des mots très durs pour qualifier les candidats faisant des erreurs. Ils parlaient d’eux comme des individus ayant des lacunes en terme de savoir-être, de professionnalisme, de compétence. Selon eux, faire des fautes d’orthographe pouvait même montrer un manque d’intelligence.

Vous écrivez que « la compétence orthographique serait bien plus qu’une compétence technique ». Qu’est-elle d’autre ?

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C’est aussi une compétence relationnelle et sociale. Pour un recruteur, une bonne orthographe est synonyme de politesse, de rigueur. C’est une manière de se conformer à la norme. Il existe une norme sociale implicite interdisant la violation de la norme orthographique dans des situations formelles. Une mauvaise orthographe est vue comme une preuve de laxisme. Pour les recruteurs, si on est laxiste en matière d’orthographe, alors on le sera aussi dans son travail.

Le candidat qui fait des fautes se trouve donc pénalisé ?

Oui ! À expérience professionnelle égale, une personne commettant des fautes d’orthographe a trois fois plus de risque d’être éliminée que celle qui n’en fait pas ! Et ceci parfois dès la première erreur. Ce n’est pas tant le nombre de fautes que leur place et leur nature qui expliquent la dépréciation et le rejet du postulant. Il y a ainsi une différenciation entre les coquilles et les autres fautes d’orthographe. La tolérance est beaucoup plus grandes pour les coquilles, qui sont moins sanctionnées.

Dans votre thèse, vous expliquez aussi que les candidats considèrent plus juste comme critère de présélection l’orthographe que l’expérience. Surprenant !

Oui ! L’orthographe peut être un critère d’exclusion, même pour des emplois faiblement qualifiés ne nécessitant pas l’écrit professionnel au quotidien. C’est un signal qui montre que nous avons besoin d’autres méthodes de présélection. Les choses sont amenées à changer notamment avec l’évolution des outils sur internet. Il existe des formulaires à remplir en ligne, mais cela ne règle pas le problème. Ce qui est sûr, c’est qu’il faut mettre en place des mises en situation professionnelle pour les emplois qui n’ont pas besoin de l’écrit. Et pas systématiquement demander le CV et la lettre de motivation. Ce qui se fait encore dans 88 % des cas.

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